L’exception culturelle française

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Les acteurs français sont trop payés!

L’actualité sur l’exception culturelle française, ou pour utiliser les nouveaux éléments de langages, la diversité culturelle européenne, m’a rappelé un article (Les acteurs français sont trop payés!) paru sur lemonde.fr et rédigé par Vincent Maraval, producteur et distributeur de films dont  “The Artist”, de Michel Hazanavicius (Oscars, 2012),”La Part des anges”, de Ken Loach, (Festival de Cannes, 2012),”Mr Nobody”, de Jaco Van Dormael (Mostra de Venise, 2009), “La Saveurde la pastèque”, de Tsai Ming-liang (Berlinale, 2005).

Affiche de promotion du film La vérité si je mens! 3

La vérité si je mens! 3, un exemple de l’exception culturelle française ?

Cet article, publié en décembre 2012 en plein scandale sur l’exil fiscal de Depardieu, avait fait grand bruit, notamment dans le microcosme du cinéma franco-français. Vincent Malaval y décrivait un système de “subventions” directes et indirectes qui permettaient de payer nos acteurs des sommes considérables, bien éloignées de leur valeur marchande, plombant ainsi les budget des films français. La conclusion de Malaval est sans appel, ce système, notamment <i>via</i> l’obligation des chaines de financer la production nationale, maintien artificiellement des cachets élevés pour nos acteur français, qui s’enrichissent ainsi de façon abusive (leur rémunération ne correspond pas à leur valeur réelle, c’est à dire à leur “<i>bank</i>abilité”, grâce à de l’argent public.

Dany Boon, par exemple, […] obtient […] 3, 5 millions d’euros pour Le Plan parfait, dont les entrées ne seront pas suffisantes pour payer son salaire (source)

Bien que l’analyse présentée par Vincent Malaval ne soit pas assez nuancée, elle a le mérite de remettre en question un système assez opaque qui profite à de rares privilégiés.

A l’heure où l’on se demande si la “culture” est une marchandise comme une autre et si elle doit être soumise aux mêmes règles de libre-échange que les autres produits de consommation, le moment parait opportun de s’interroger sur la nature de la culture ainsi que sur les systèmes de financement de la production culturelle et artistique.

La ligne maginot culturelle face à l’invasion des contenus dématerialisés

logo de Netflix

La société américaine Netflix propose des vidéos en illimité, essentiellement en provenance des USA, pour environ 9 euros/mois

Rappelons également, que ces vielles problématiques ne vont être qu’exacerbées par l’arrivée des nouvelles technologies de diffusion (problématique du piratage des oeuvres et de rémunération des artistes, remplacement du livre papier par le livre numérique, arrivée de la VOD (Video On Demand) distribuée par des entreprises étrangères non soumises à l’obligation d’investir dans la production nationale). Encore une fois les évolutions des pratiques engendrées par les nouvelles technologies bouleversent les marchés existants et nécessitent de repenser les lois de régulation de ces marchés ainsi que la valeur ajoutée des différents maillons de la chaîne de distribution.

Et vous, pensez-vous que le système actuel de financement du cinéma, et plus généralement de la culture, soit performant ? L’arrivée en masse des nouvelles technologies ne risque t’elle pas de rendre ce système caduc si nous n’anticipons pas ces évolutions ?

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